Separations

Jeudi 6 décembre 2012 (Catherine)

Séparations

Trouver du travail au Bangladesh n’est pas une chose facile. Trouver un travail plus ou moins décemment payé est encore moins facile ! Voilà pourquoi les hommes n’hésitent pas à accepter des postes qui sont souvent très éloignés de leur domicile et de quitter leur famille afin de pouvoir subvenir aux besoin de femme et enfants. Depuis que nous sommes ici, nous avons pu rencontrer beaucoup d’hommes qui n’ont guère le choix et qui vivent séparés de leur famille.

Azhar, l’électricien avec qui Abbes travaille sur le projet des panneaux solaires travaille à Chilmari, au nord du pays. Sa femme et ses enfants vivent à Dhaka. Le trajet Chilmari-Dhaka est long, une journée au moins et Azhar ne voit sa femme que toutes les 3 ou quatre semaines.

La famille d’Obay, le cuisinier du FTC, vit à Chittagong. Il est à Gaibandha depuis le 10 novembre, il rentrera chez lui pour le nouvel an. Deux mois d’absence, deux mois de séparation.

Nurzahad, l’une des femmes travaillant dans la cuisine du FTC a deux enfants, âgés de 8 et de 3 ans. Son mari travaille dans le bâtiment à Chittagong. Il revient à Gaibandha tous les 3 mois. Entretemps, sa femme travaille, s’occupe des gosses dès qu’elle rentre. Je lui demande si son mari lui manque. « Pas vraiment dit-elle, je me débrouille assez bien maintenant, je me suis habituée, mais je suis heureuse quand il rentre. » Nurzahad a été mariée à l’âge de 12 ans, elle a eu son premier fils à l’âge de 17 ans. Elle n’a jamais pris de décision quant à son avenir, on a pris toutes les décisions pour elle. Mais elle ne s’en plaint pas. « C’est ainsi que sont les choses ! ». Elle dit cela sans aucune amertume. Elle est réaliste, heureuse d’avoir son travail chez Friendship, et satisfaite de ce que son mari ait du travail lui aussi.

La famille d’Alam vit près de Bogra. Lui travaille à Gaibandha dans le district office de Friendship. Il a une petite fille de 6 ans. Avec fierté, il me montre sa photo sur son portable. « Elles me manquent, dit-il, je ne les vois que toutes les trois semaines pour un, deux, parfois trois jours. Ce n’est pas une vraie vie de famille. » Mais exprimer son regret ne revient pas à se plaindre. Lui aussi est content d’avoir du travail chez Friendship, où il occupe un poste avec beaucoup de responsabilité. Sa femme est institutrice. Une mutation n’est pas possible. En tout cas pas dans l’immédiat.

Je pourrais citer d’autres exemples. La liste est longue. J’admire ces gens. J’admire le courage de ces femmes qui élèvent seules leurs enfants. J’admire le stoïcisme de ces hommes qui partent pour aller travailler et qui s’estiment heureux de gagner de quoi faire vivre leur famille.

It’s not an easy affair to find a job in Bangladesh. And to find one more or less decently paid is far more difficult! That’s why men don’t hesitate to accept a job far away from their homes which forces them to leave their family in order to meet the needs of wife and children. Since we stay here, we have met a lot of people who don’t have the choice and who live separated from their family.

Azhar, the electrician with whom Abbes works on the solar panels, lives in Chilmari, up in the north of the country. His wife and children live in Dhaka. The journey Chilmari-Dhaka is long, at least a day and so Azhar sees his family only every three or four weeks.

Obay’s family, the cook of the FTC, is in Chittagong. He has now been in Gaibandha since November 10. He is going to join them at the end of December. Two months of absence, two months of separation.

Nurzahad, one of the kitchen aids on the FTC, has two boys aged eight and three. Her husband works in Chittagong on a construction site. He comes back to Gaibandha every third month. Meanwhile, his wife works for Friendship, takes care of the children as soon as she comes home. I asked her if she was missing her husband. “Not really, she says, I’m getting on quite well now, I’m getting used to it, but I’m happy when he get’s back”. Nurzahad got married at the age of 12, at 17 she had her first child. She never took any decision of her own; decisions were taken for her. But she doesn’t complain. “That’s the way it is!” She says this without any bitterness. She is realistic, she is happy to have her job at Friendship and satisfied that her husband has got a job as well.

Alam’s family lives in Bogra. He works in Gaibandha in the Friendship district office. He has a little daughter, aged 6. Proudly, he shows a picture of her to me. “I miss them, he says, I see them only after three weeks and only for two or three days. This is not a good family life.” But expressing his regret doesn’t mean that he complains. Like the others, he is very happy to have this job because he has a lot of responsibilities. His wife is a teacher. A transfer is not possible. At least not for the moment.

I could give other examples. The list is very long. I admire these people. I admire the courage of these women who raise their children alone. I admire the stoicism of these men who leave their homes and consider themselves as lucky because they can nourish their family.

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