Rencontre…

Mercredi 26 décembre 2012  (Catherine)

Nous sommes de retour à Dhaka depuis le 24 décembre. Nous sommes arrivés l’après-midi et nous avions encore un peu de temps pour faire quelques achats de Noël.

Christmas as Runa's place

Christmas at Runa’s place

Runa nous avait invités à fêter le réveillon chez elle. Nous avons passé une très agréable soirée en compagnie de sa famille, Yves, Jean-Salmon, Halim et un ami de la famille. Et nous avons bien mangé, un vrai festin de Noël!  Il y avait même arbre de Noël.

Le lendemain, nous sommes allés à l’église Holy Spirit dans le quartier de Banani. La veille, l’église avait été pleine à craquer, nous a-t-on dit, mais hier c’était plus calme et nous avons apprécié cette tranquillité. Le curé, un Américain a parlé en toute simplicité et cela nous a beaucoup touchés. Peut-être étions nous aussi un peu sentimental, car même si nous nous sentons vraiment chez nous parmi nos amis bangladeshi, c’est dans des moments pareils que nous réalisons que nous sommes quand même séparés depuis pas mal de temps de la famille, des amis, de la maison… et du chat! (N’est-ce pas, Julie?)
Mais d’un autre côté, nous n’avons que de bonnes nouvelles de notre “progéniture” qui se débrouille super bien sans nous, et nous sommes reconnaissants que tout se passe tellement bien. Dans de telles conditions nous n’avons guère d’états d’âmes pour les mois à venir.

C’est là, devant l’église, que nous avons fait la rencontre de Thérèse Blanchet, une anthropologue québecoise qui vit et travaille depuis 35 ans au Bangladesh. Très spontanément, elle nous a invités chez elle. Elle a ouvert une bouteille de mousseux et peu après elle nous a proposé de partager avec elle le foie gras qu’on lui avait apporté de France. Ainsi, nous avons eu droit une seconde fois à un festin de Noël! Comme ses enfants ne sont pas venus au Bangladesh cette année elle a été heureuse de ne pas passer Noël toute seule.

Le parcours de Thérèse est vraiment plus qu’intéressant. Il y a 35 ans, elle est venue avec son mari, un médecin,  et ses enfants au Bangladesh et elle a commencé à y faire de la recherche. Après avoir pris des cours de Bangla pendant trois mois, elle est partie au nord du pays avec toute la ribambelle. Ils ont vécu pendant deux ans dans un village pas loin du tout de Romari (où Frienship a aussi des écoles), son village comme elle dit avec beaucoup de tendresse. Elle a donc étudié la vie, les coutumes, les structures sociales au sein de cette communauté. Ses enfants, âgés aujourd’hui de 44, 34 et 24 ans, parlent tous le Bangla. Et au bout de deux ans, elle a prolongé son séjour. Elle n’est pas restée dans son village, mais elle n’a pas pour autant quitté le pays. Et aujourd’hui … elle y est toujours. Elle dit qu’elle quittera le pays dans un ou deux ans pou rentrer définitivement au Canada, mais qui sait?

Elle voyage de temps à autre pour retrouver la famille ou pour participer à des conférences, mais son terrain de recherche est resté le Bangladesh. Elle a publié des livres et elle s’intéresse plus particulièrement à la condition de la femme au Bangladesh, à sa place et son rôle dans les communautés rurales. Elle s’est penchée pendant longtemps sur le problème de la prostitution et le trafic de jeunes filles/femmes bangladeshis vendues en Inde surtout pendant les années 1982 à 1993. Triste chapitre, mais chapitre que nous rencontrons aussi dans notre Europe dite civilisée.

Thérèse est une femme assez exceptionnelle. Je suis reconnaissante d’avoir fait sa rencontre. D’aucuns d’entre vous se souviennent peut-être que l’anthropologie et l’ethnologie m’ont passionnée pendant mes études à Paris (et me passionnent toujours). Alors vous pouvez imaginer à quel point cette rencontre m’a plu! Nous allons certainement avoir l’occasion de nous revoir lors de nos prochains séjours à Dhaka. Déjà pour lui rendre les bouquins qu’elle nous a prêtés…

We are back in Dhaka since December 24. We arrived in the afternoon and we had some time left to do some Christmas shopping before spending Christmas eve at Runa’s house. We shared a very nice evening with her and her family, Yves, Jean-Salmon, Halim and a friend of the family. And we had great food, a real Christmas feast! They even had a christmas tree!

The day after, we went to the Holy Spirit church in Banani.
We were told that he church had been crowded the night before, but yesterday it was quite calm and we appreciated this peace. The priest, an American spoke in a very simple and unaffected way and we were very touched. Maybe we were a little bit sensitive, because even if we feel really at home amongst our Bangladeshi friends, it is in similar moments that we realize that we have been separated for quite a while from our family, friends, our home… and the cat! (Isn’t it Julie?)
But on the other side, we only have good news from our “progeny”. They cope so well without us and we are grateful that everything pans out! Given these circumstances we don’t feel any apprehensions concerning the next months.

In front of the church we met Thérèse Blanchet, an anthropologist from Quebec who has been living and working now for 35 years in Bangladesh. Spontaneously she invited us to her apartment. She opened a bottle of mousseux and a can of foie gras that a friend from France had offered her some time ago. So we had a second Christmas feast! As her children didn’t come to visit her this year, she was happy not to spend Christmas alone.

 Thérèse’s journey is really more than interesting. 35 years ago, she came to Bangladesh with her husband, a doctor, and her children and she started to do research. After having taken crash courses in Bangla during 3 months, she left for the North of the country with the kids. For 2 years, they lived in a little village, not far away from Romari  (where Friendship has some schools), in her village, like she would tenderly say.
So she studied the live, the habits and the social structures within this community. Her kids, aged 44, 34 and 24 by now, speak fluently Bangla. After two years she extended her stay. Not in the village, but she stayed in the country. And today… she’s still there. She says that she will leave in about 3 years and go back to Canada, but who knows?

 From time to time she travels to see her children or to participate to conferences but Bangladesh remains her field of research. She has written some books and her investigations focus particularly on gender issues, on the conditions of women in Bangladesh, their place and their role in the Bangladeshi rural community. She worked for many years on the problem of prostitution and the traffic of young Bangladeshi girls/women sold in  India mainly during the years 1982 to 1993. Quite a sad chapter, but a chapter that we know also in our so-called civilized Europe.

Thérèse is a quite exceptional woman. I’m grateful that I could meet her. Some of you may remember that I was passionate by anthropology and ethnology when I was studying in Paris (and I still am!). So you can imagine how delighted I was to meet her. For sure, we’ll have the opportunity to join her again during our next stays in Dhaka. First occasion will be to give her back the books she borrowed us…

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